Si vous possédez une imprimante 3D, vous avez probablement déjà vécu la situation suivante : vous ressortez une bobine de filament après quelques semaines d’inutilisation, et celui-ci casse. À la main, dans l’extrudeur, peu importe où. Pendant longtemps, j’ai mis ça sur le compte de la malchance ou de la qualité du filament. En réalité, conserver son filament d’imprimante 3D correctement est loin d’être compliqué — à condition de savoir ce qui fonctionne vraiment. La cause de ces problèmes est presque toujours la même : l’humidité.

Bien conserver son filament d’imprimante 3D, c’est pourtant loin d’être compliqué — à condition de savoir ce qui fonctionne vraiment. Dans cet article, je vous explique pourquoi l’humidité est problématique, je vous montre des cas concrets où elle a ruiné des impressions, et surtout je vous présente la solution que j’ai retenue après tests. Si vous préférez le format vidéo, tout est également disponible sur YouTube :
▶️ Votre FILAMENT pour imprimante 3D : Pourquoi et comment le CONSERVER ?
Pourquoi l’humidité dégrade votre filament d’imprimante 3D
Le filament 3D (PLA, PETG, TPU et autres) est un matériau hygroscopique : il absorbe l’humidité ambiante au fil du temps. Et contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, l’humidité ne ramollit pas le filament — c’est l’inverse. Plus il en absorbe, plus il devient cassant et difficile à imprimer.
Mais le vrai problème, celui qui m’a vraiment convaincu de prendre le sujet au sérieux, c’est que l’humidité fait gonfler le filament. De quelques dixièmes de millimètre seulement. Suffisamment pour que l’impression paraisse réussie à l’œil nu, mais que la pièce soit inutilisable dès qu’elle doit s’assembler avec une autre.
Deux cas concrets qui illustrent le problème
Un piston qui ne rentrait plus dans son tube
J’avais imprimé un système composé d’un tube et d’un piston. Même fichier, même imprimante, même bobine de filament. Les deux impressions semblaient identiques. Sauf que l’une avait été réalisée avec un filament laissé à l’air libre depuis un moment.
Résultat : le piston de la version « filament humide » ne rentrait tout simplement pas dans le tube. Impossible de l’y insérer. La version avec filament sec, elle, s’assemblait parfaitement. La pièce avait gonflé — pas assez pour que ça se voie, mais largement assez pour bloquer l’assemblage.

Des boîtes de dérivation qui ne fermaient plus
Même constat avec des boîtes imprimées en PETG et TPU : couvercles qui forçaient, inserts qui refusaient de descendre complètement. Après avoir séché le filament et relancé exactement les mêmes impressions avec le même fichier, tout s’est emboîté du premier coup, sans effort.
Ce n’était donc pas un problème de fichier, ni de calibration. Uniquement le filament.
Ce qui ne fonctionne pas
Remettre la bobine dans son emballage d’origine
Une bobine neuve arrive sous vide avec un sachet déshydratant. L’instinct naturel est de remballer la bobine dans cet emballage une fois l’impression terminée. J’ai testé, en plaçant un hygromètre à l’intérieur pour mesurer. Résultat : 47 % d’humidité.
Autant dire que cette solution ne sert à rien.
Les sachets sous vide avec pompe
Il existe des systèmes de sachets réutilisables dans lesquels on aspire l’air à l’aide d’une petite pompe. L’idée est séduisante sur le papier. En pratique, après 3 à 4 utilisations, le sachet commence à fuir. S’ajoute à cela le fait que chaque marque impose sa propre pompe, incompatible avec les autres. Ce n’est ni fiable ni pratique sur le long terme.
Ce qui fonctionne : la boîte hermétique avec billes de gel de silice
Après quelques recherches, j’ai opté pour une solution simple, peu coûteuse et efficace. Elle repose sur quatre éléments :
1. Une boîte hermétique de type boîte à céréales avec joint. Le modèle est important : il faut qu’il soit suffisamment grand pour accueillir une bobine et compatible avec l’impression 3D ci-dessous.
2. Un support imprimé en 3D pour maintenir la bobine à l’intérieur de la boîte. L’objectif est que le filament ne soit pas en contact direct avec les billes. Le fichier est gratuit.
3. Des billes de gel de silice — environ 200 g par boîte. J’ai acheté un sachet de 900 g pour 13 €, ce qui permet d’équiper facilement quatre boîtes. Je n’ai pas encore testé avec seulement 100g.
4. Un hygromètre (optionnel, mais utile pour suivre l’évolution). Le modèle retenu (17€ pour 6) n’est pas connecté : juste la température et le taux d’humidité, c’est tout ce qui est nécessaire.

Les résultats du test comparatif
J’ai testé trois configurations en parallèle sur plusieurs jours :
| Configuration | Taux de départ | Après 48h | À 10 jours |
|---|---|---|---|
| Sécheur électrique + boîte hermétique sans billes | 25 % | 28 % | en hausse |
| Boîte hermétique + billes de silice (filament séché) | 25 % | 10 % | stable |
| Boîte hermétique + billes de silice (filament non séché) | 50 % | 10 % | stable |
Les conclusions sont claires. Les billes de silice font l’essentiel du travail, que le filament ait été séché au préalable ou non. Sans billes, même dans une boîte hermétique, l’humidité remonte progressivement et le séchage ne tient pas dans le temps.
Pour être totalement transparent : les taux n’ont pas bougé et ce, 3 semaines après le test. Au moment d’écrire cet article (postérieur à la vidéo), je suis toujours à 10% d’affiché pour les 2 boîtes avec billes de sillice et à 31% pour la boîte sans billes de silice.sur les 10 jours suivant le test.
Après publication de la vidéo, il m’a été remonté, via les commentaires, que les taux d’humidité <20% étaient affichés systématiquement à 10% sur ce type d’hygromètre. Donc il faut plutôt considérer que les taux sont inférieurs à 20% (ce qui reste demandé pour une bonne impression 3D).
Le sécheur de filaments : utile ou pas ?
J’en possède un (un Sunlu). Il permet de descendre à environ 25 % d’humidité. Les billes de silice, elles, descendent sous les 20% et le résultat reste stable, ce que le sécheur seul ne garantit pas.
Pour du PLA ou du PETG, un sécheur électrique n’est pas nécessaire. Les billes de gel de silice suffisent, pour un coût bien inférieur.

Le sécheur peut en revanche être utile pour les filaments techniques (Nylon, ASA, …) qui nécessitent un séchage en profondeur avant impression, ou pour maintenir une bobine au sec pendant une impression longue sur des matériaux très sensibles à l’humidité.
Entretenir les billes de gel de silice
Les billes changent de couleur en fonction de leur état : orange = actif, vert = saturé. Quand elles passent au vert, il suffit de les placer au four à 120 °C jusqu’à ce qu’elles redeviennent orange. Elles sont alors de nouveau utilisables. C’est donc un investissement unique et durable.
Un point important à ne pas négliger : conservez vos billes dans un récipient hermétique, une fois le sachet ouvert (si vous n’utilisez pas tout). Exposées à l’air libre, elles absorbent l’humidité ambiante et perdent donc leur efficacité avant même d’être placées dans une boîte.
En résumé
- L’humidité fait gonfler le filament, parfois imperceptiblement mais suffisamment pour compromettre un assemblage mécanique.
- Remballer la bobine dans son emballage d’origine ne conserve pas correctement le filament.
- Une boîte hermétique associée à des billes de gel de silice permet d’atteindre moins de 20 % d’humidité en quelques heures, et de maintenir ce niveau dans le temps.
- Un hygromètre placé à l’intérieur permet de surveiller le taux d’humidité sans ouvrir la boîte.
- Pas besoin de sécheur électrique pour les filaments courants — les billes font mieux, pour moins cher.
Tous les liens mentionnés — boîte, fichiers d’impression, hygromètre et billes de gel de silice — sont disponibles en description de la vidéo YouTube associée à cet article.
Les liens
- 📦 Boîte hermétique
- 🖨️ Fichier d’impression du support
- 🌡️ Hygromètres (lot de 6)
- 🟠 Billes de gel de silice (sachet de 900 g)
- 🔌 Sécheur de filaments Sunlu
Ga3tan
